D’avril à septembre 2025, nous commencions un nouveau cycle « L’éloge
du quotidien ». Nous exposions à L’îlot-S la production des architectes
Braillard qui ont oeuvré au siècle dernier essentiellement à Genève.
L’acte II de ce cycle initié en octobre 2025 propose de porter un regard
sur « notre paysage de tous les jours » en Haute-Savoie.
Les lieux que l’on traverse, ceux que l’on habite, ceux que l’on fréquente
parfois sans même les regarder sont pourtant au coeur de nos vies
quotidiennes. Faire l’éloge du quotidien, c’est apprendre à apprécier
la forme banale de l’ordinaire, c’est passer du simple flâneur à l’attentif
observateur, c’est s’intéresser à l’histoire de son territoire, de son
immeuble, de sa rue. Comment apprivoiser et traiter avec soin ce
patrimoine modeste, souvent mal connu, voire délaissé ?
L’exposition « Modernité ordinaire » offre l’opportunité de s’y attarder et
de déceler les qualités simples de ces architectures qui nous entourent.
Nous faisons le choix de la prolonger pour explorer désormais différentes
manières d’entretenir et de valoriser ces édifices discrets comme
éléments singuliers de l’identité de nos territoires. Au travers de visites
et de rencontres, nous vous invitons à continuer de nous émerveiller
de ce qui est juste là, sous nos yeux et de le considérer comme une
ressource précieuse de l’avenir du cadre de vie.
Consolider le lien
Le paysage courant de nos vies ordinaires se fonde sur des éléments
intangibles, des repères que l’on parcourt sans grande attention mais qui
sont les piliers de nos cadres de vie.
Il suffit que l’un d’eux évolue, qu’il disparaisse ou qu’il soit transformé pour
que se ravive notre conscience et que nous nous trouvions interpellés,
surpris ou même choqués. Cela montre la force de ces héritages dont
nous disposons inconsciemment et auxquels nous sommes assurément
sensibles. Parmi eux, les édifices jouent un rôle essentiel dans le paysage
de proximité. Peu importe qu’on les trouve beaux ou laids, d’une certaine
manière ils nous appartiennent et nourrissent notre attache à un territoire.
Ils fabriquent du lien entre celles et ceux qui vivent en un même lieu.
L’accueil accordé à l’exposition « Modernité ordinaire » témoigne de ce lien
intime qu’entretiennent les habitants avec leur environnement quotidien.
Il témoigne d’une forme de vigilance qu’ils exercent à l’égard de ces
constructions ordinaires.
Pourtant, ce paysage, ce socle culturel partagé, est soumis à des adaptations
ou des évolutions régulières et l’on comprend dans les réactions des
uns et des autres que cela peut inquiéter.
Des exemples, de plus en plus nombreux, démontrent que la mutation
progressive des édifices et des paysages peut s’opérer avec ménagement.
Des élus, des architectes, des acteurs de l’aménagement mesurent
la force de ce lien et s’emploient à le préserver, voire à le consolider
en choisissant de réhabiliter ou de restaurer plutôt que de démolir
ou remplacer.
Nous vous proposons un nouveau cycle de rencontres et de visites pour
mesurer la pertinence de ces choix.
Stéphan Dégeorges, directeur du CAUE de Haute-Savoie
Photo : Extrait de l'Atlas des Régions Naturelles - Morillon - Faucigny © Eric Tabuchi / Nelly Monnier
mars 2026
Gratuit
disponible à l'accueil de L'îlot-S et dans les lieux culturels du bassin annécien